OXKE FIXU

Créé en 2014 lors d’études au Conservatoire de Strasbourg, le duo OXKE FIXU explore la relation entre public, espace, improvisation, musique contemporaine et théâtre musical.
Projet avec 6 gongs et 2 grosses caisses disposés tout autour du public et servant, entre autre,« d’acousmonium », le son de la clarinette et du set de percussions étant amplifiés et diffusés par les gongs et grosses caisses grâce à des transducteurs. Un étonnant et captivant travail-dispositif, duquel le numérique est banni, vivant uniquement à travers des câbles et des micros contact. Ce dispositif créé par le duo a été pensé au sein d’une recherche sur la plasticité du son ; sa densité, son grain (lisse, rêche, dur, mou, …), sa saturation (léger, lourd) et sa dimension spaciale (illusion auditive, mise en espace).

« MA »: Les variations subjectives du vide, l’intervalle, la durée, la distance, le MA est cette chose si présente entre deux entités. Non visible, on l’appellerait le vide en occident, au Japon c’est l’espace, le temps entre deux phénomène qui pourrait accueillir quelque chose.. ou pas. »

« (…) le ce qui forme un ensemble, le ce qui forme un globe, le ce qui forme une matière, qui est un groupe, un regroupement, un engluement, un conglomérat, qui est une entreprise, qui marche comme une machine, qui tinte comme une machine, qui se répète comme une machine, le ce qui s’écrase, le ce qui ce tient, le ce qui est le plus proche, le qui est enseveli. » *
Ce poème de Tarkos fait écho à la recherche que nous menons dans ce projet. Nous travaillons sur la notion de synolon (un composé de forme et de matière en grec ancien) comme unité engendrée par une diversité d’éléments. La matière son devient masse, les gongs et la clarinette sont augmentés de préparations pour créer des granulosités multiples et communes, de sorte que les sons forment un bloc, présentent une richesse de strates pour une
même hauteur. Le spectateur est pris dans une forme, un espace, une matérialité où le toucher se fait par les yeux et les oreilles, il est pris dans une masse qui n’est qu’une illusion créé par les artistes, illusion qu’il peut déjouer en cherchant le détail, le focus, la multiplicité. Cet aller-retour sensoriel invite au lâcher prise intellectuel pour se laisser prendre par la matière, vivre avec elle.

Xavière Fertin et Camille Émaille: clarinette, percussion et composition

Baptiste Joxe: création lumière