SOLO

Un solo de percussion n’est pas vraiment un solo. Chaque objet sonne par lui même. Chaque « accident » est une proposition d’idée. C’est pourquoi j’ai développé un instrumentarium qui module seul, de par sa confection bricolée (boîtes de conserve, cordes de guitare, multitude de pierres et autre petits objets qui tombent et bougent à chaque fois que je joue) et du jeu d’équilibre qui se créer avec lui.

« Sur un fil ou dans un écho, entre les gongs et les fûts, les cymbales et les peaux, les performances de la percussionniste Camille Émaille tiennent de l’équilibrisme autant que de la sculpture sonore. C’est une architecture à la fois précaire et spectaculaire qui s’y noue, une dramaturgie ténue et tendue qui s’y joue, corps-à-corps gracile et animal avec une matière sonore qu’elle pétrit ou actionne.« 

 « Creuser le métal, comme on creuse un trou dans la terre.
Pétrir.
Le métal se dilate. Parfois, il semble grandir.
Minéral. Percer l’espace et les autres matériaux. Racines. Souterraines, aériennes.
Les atomes métalliques sont ceux qui ont les liens les plus durs.
Dur et liant.
Protection.
Au centre, le feu. Insaisissable et si présent.
Le métal comme matrice. Alma Matrix.
Une origine sans commencement. Total. Basique.
Retrouver les ancêtres courbés au-dessus de la terre.
Retourner chez eux. Ma maison. À l’intérieur de moi-même.
Pur et granuleux. Saturé.
Le calme du métal. Stabilité massive.
Gardien du feu et du temps. Belisama.
De ceux qui forgent la matière, pour se retrouver, à l’intérieur, parmi les racines métalliques.
 » – Camille Émaille